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Les cinq moments qui ont marqué le football français en 2020

Publié le par Thomas

Gérard Houllier fait partie des figures du football français qui nous ont quittées cette année. Source : La Voix du Nord

Gérard Houllier fait partie des figures du football français qui nous ont quittées cette année. Source : La Voix du Nord

L'année 2020 touche à sa fin et elle a été mouvementée pour tous les secteurs de la vie. Sur les pelouses françaises aussi, le petit virus a occupé le devant de la scène. D'autres moments forts ont ponctué une année qui restera longtemps gravée dans nos mémoires... Retour sur les cinq événements marquants dans le paysage footballistique français...
 
13 mars : le championnat interrompu jusqu'à nouvel ordre
 
Touchée de plein fouet par l'arrivée d'un virus que l'on ne connaît pas, la France décide de suspendre toutes ses compétitions sportives, ainsi que les entraînements. La décision tombe quelques heures seulement avant un Lyon-Reims qui aurait pu tout changer au classement... Nos voisins européens prennent la même décision. Seulement, les semaines passent et on en apprend plus sur le COVID-19. On sait comment s'en protéger, on a désormais assez de tests, y compris pour les sportifs. Allemagne, Angleterre, Espagne et Italie reprennent leurs championnats. Pas la France. Le 28 avril au détour d'une phrase, le Premier Ministre Édouard Philippe entérine la décision. Le fruit de plusieurs semences : un syndicat (l'UNFP) qui s'oppose à un retour au travail, une ministre des sports qui n'a aucun poids et dont le football est le cadet de ses soucis, des dirigeants de clubs incapables de s'entendre... Un premier fiasco. 
Sylvain Kastendeuch (UNFP) a beaucoup fait couler d'encre pour ses prises de position pendant la crise... Source : France TV Sport

 

24 et 31 juillet : le retour du football avec les finales de coupes

Les fans de ballon rond commençaient à s'impatienter sérieusement... Certains, même les plus fidèles de notre Ligue 1, ont détourné le regard du côté de l'Allemagne, l'Espagne ou l'Angleterre. Mais le 24 juillet au soir, le PSG et Saint-Étienne refoulent (enfin) une pelouse hexagonale. Passons le débat sur la programmation, un vendredi soir puisque France Télévisions préférait diffuser Fort Boyard le samedi, pour nous concentrer sur le terrain. Au terme d'une rencontre disputée et même dominée par les Verts (pourtant en infériorité numérique), le groupe de Thomas Tuchel remporte son 2ème titre de la saison 2019/2020. Une semaine plus tard, c'est l'Olympique Lyonnais qui fait souffrir le club de la capitale, l'emmenant jusqu'à la séance de tirs aux buts. Bertrand Traoré, en frappant trop mollement son pénalty, annihile les derniers espoirs européens des gones. 23 ans que le club de Jean-Michel Aulas n'avait pas été présent sur la scène européenne...
Le PSG a réalisé le triplé national en plein coeur du mois de juillet. Source : LFP.fr

 

Août : les fabuleux parcours de Lyon et Paris en C1

La véritable parenthèse enchantée pour notre football en plein milieu d'une année noire : les deux derniers représentants en coupe d'Europe brillent. Lyon d'abord, qui confirme son (vieux) succès à l'aller face à la Juventus en février, en ne s'inclinant que d'un but en Italie (1-0, 2-1). Conviés au Final 8 donc, les hommes de Rudi Garcia ne s'arrêtent pas en si bon chemin, et crucifient le City de Guardiola (3-1) grâce à une base défensive ultra-solide et des contres parfaitement exploités. La marche de la demie sera en revanche trop haute et l'OL s'inclinera face au futur champion d'Europe bavarois (3-0), sans démériter. Karl Toko-Ekambi touchera d'ailleurs le poteau, lui valant un surnom peu flatteur sur les réseaux sociaux. Le PSG, de son côté, s'est offert une séquence émotions fortes en quart de finale, en renversant l'Atalanta en trois minutes, après avoir été copieusement dominé (2-1). Le but de Choupo-Moting a fait exulter des supporters qui n'y croyaient plus... Passée une demi-finale très (trop ?) facile face à Leipzig (3-0), les Parisiens espèrent comme jamais avant la finale face au Bayern. Mais jamais les joueurs de Thomas Tuchel n'auront su se montrer très dangereux sur les cages de Neuer. Succès 1 à 0 des Allemands. Fin du rêve, retour aux affaires courantes...
Rudi Garcia, "l'homme qui ne gagnait jamais les gros matchs", a redoré son blason avec le parcours de l'OL. Source : Pressfrom.info

 

7 octobre : Mediapro ne paiera pas...

Au travers d'une interview très commentée dans L'équipe, Jaume Roures, PDG du groupe Mediapro, fait comprendre que le milliard tant espéré par la Ligue 1 n'arrivera jamais jusqu'aux clubs. Il dit vouloir "renégocier" son contrat. Il n'en sera rien. L'entreprise sino-espagnole n'a payé aucune des trois échéances dues à la LFP. Le 11 décembre, le contrat est rompu, décision validée par le Tribunal de Commerce ce Nanterre le 22 décembre. De nouveaux emprunts sont nécessaires pour permettre aux équipes de tenir le cap et de payer leurs salariés. Mais des baisses de salaires seront inéluctables si les clubs veulent éviter de couler... La chasse aux responsables est lancée : Mediapro en première ligne, qui a pris en otage un championnat mais aussi des centaines de journalistes et techniciens ; la Ligue ensuite, et pas seulement le duo Boy de la Tour/Quillot mais bien tous les présidents, qui n'ont même pas demandé de garanties bancaires. D'autant qu'ils avaient été plusieurs à annoncer le crash : Maxime Saada, directeur de CANAL+, Daniel Riolo, journaliste RMC SPORT, et de nombreux économistes... Le second fiasco français, après l'arrêt de la saison précédente, justifiée par la volonté de "bien débuter le contrat avec Mediapro"...
Jaume Roures est la cible des critiques, tant des clubs que des salariés de Téléfoot... Source : L'Indépendant.fr

 

Les "3H" du coaching français s'en vont...

Michel Hidalgo le 26 mars : l'ancien sélectionneur des Bleus s'éteint à l'âge de 87 ans, quelques jours seulement après le début du confinement. Une pluie d'hommages s'abat de la part du monde footballistique français, notamment les membres de son "carré magique" Platini-Giresse-Tigana-Genghini (puis Fernandez). Adepte et figure du beau jeu en France, il a rapporté le premier titre majeur à notre pays lors de l'Euro 1984. Michel Platini parle d'un "créateur d'émotions" qui "a toujours essayé de donner une belle image du football" : "il lui a donné ses lettres de noblesse, à une époque où nous, joueurs de foot, on n'était pas grand chose", poursuit l'ancien meneur de jeu tricolore.
Michel Hidalgo. Source : France Bleu

Robert Herbin le 27 avril : un mois plus tard, c'est le mythique entraîneur de l'ASSE qui nous quitte. Le "sphynx" avait mené les Verts en finale de coupe d'Europe en 1976 et fait vibrer tout un pays derrière son équipe. Mais il ne faut pas résumer sa carrière à ce revers : il compte quatre titres de champion de France et trois coupes de France à son actif. Il entraînera d'autres clubs, dont le rival lyonnais entre 1983 et 1985. Son coeur restera stéphanois : il vivait seul à l'Étrat...

Robert Herbin. Source : Le Progrès

Gérard Houllier : c'était il y a moins de deux semaines, au lendemain d'un succès décisif de l'OL au Parc des Princes (0-1), comme un symbole... Celui qui a beaucoup été associé à l'échec français de 1993 (élimination contre la Bulgarie) était une véritable idole outre-Manche, où il avait vécu une année 2001 incroyable avec Liverpool, remportant cinq trophées ! Entraîneur du premier titre du PSG, il a aussi été deux fois champions de France avec l'OL. Il était d'ailleurs toujours conseiller extérieur de Jean-Michel Aulas et entretenait de fortes relations avec les personnalités du club, en témoignent les vibrants hommages rendus par Rémi Garde, Robert Duverne, Bruno Génésio ou Rudi Garcia...

Gérard Houllier. Source : Le Monde

 

On a aussi oublié : le décès de Pape Diouf, le succès marseillais au Parc des Princes (imité par l'OL), le départ de Thomas Tuchel, les difficultés du football armateur, le revenant RC Lens dans l'élite, la vente du LOSC, le retour aux affaires de Raymond Domenech à Nantes, les pratiques douteuses au sein de la FFF, Frédéric Antonetti qui reprend la tête du FC Metz, l'élection de Vincent Labrune à la LFP...
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