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Ligue 1 - Entraîneurs : l'heure des conclusions

Publié le par Thomas

Source : La Provence

Source : La Provence

Notre podium des entraîneurs, dans le cadre de la saison 2019/2020.

Notre podium des entraîneurs, dans le cadre de la saison 2019/2020.

Cette saison encore, nous avons tenu notre classement indépendant des entraîneurs de Ligue 1, mais en adoptant un nouveau modèle. Les résultats sont tombés, il est temps de passer à l'analyse. Soulignons que tous les coachs ne sont pas jugés sur le même nombre de matchs, du fait de leur arrivée (ou départ) en cours de saison.

Thomas Tuchel, comme une évidence...

Thomas Tuchel, travail accompli avec le PSG ! Source : Sport.fr

Leader incontesté du championnat de France, le PSG place son entraîneur allemand en tête de notre classement. Comment pourrait-ce être différent ? En attribuant des notes chaque week-end, nous récompensons la qualité du jeu et la régularité des équipes, ce qui est, malgré quelques accidents, le cas de celle de Thomas Tuchel. Certains diront que l'effectif pléthorique mis à disposition des techniciens du club de la capitale aide à gagner des titres. Sans aucun doute. Mais on ne peut occulter la pression monumentale qui pèse sur les épaules de celui qui a une telle responsabilité. Il a plutôt bien appréhendé les egos des Neymar, Mbappé, Di Maria ou encore Icardi. C'est  à double-tranchant : s'il est champion, Thomas Tuchel a de grandes chances de virer en tête, mais s'il termine ne serait-ce que dauphin, il est relégué au-delà du podium. Il a donc rempli son objectif en Ligue 1, terminant avec 12 points d'avance sur l'OM, et mérite sa position. Le bémol ? On n'a pas trop compris la gestion des numéros 9 : Icardi, Cavani...

Julien Stéphan, quelle confirmation !

Julien Stéphan a confirmé les nombreux espoirs placés en lui. Source : Le Parisien

Confirmation : oui, cet exercice 2019/2020 devait permettre de juger le jeune (39 ans) technicien breton. Est-ce une enflammade autour d'une fin de saison auréolée d'une Coupe de France, ou un réel avenir pour le coaching français ? Le doute s'est aminci avec la troisième place, inattendue, décrochée par le Stade Rennais, et sa seconde place personnelle dans notre classement. Il a aussi su gérer son premier moment plus difficile (car il en existe toujours dans une carrière !) depuis sa prise de fonction, en début de saison. Après une saignée dans le onze cet été (6 départs), les pensionnaires du Roazhon Park devaient enchaîner des rencontres tous les trois jours, avec la phase de poules de Ligue Europa. Et les résultats n'ont pas suivi. Mais Julien Stéphan est un homme de caractère, sûr de ses forces, qui a gardé la tête haute, et a toujours cru à un redressement. Ce rebond, il est passé par beaucoup de travail, des choix forts et un peu de réussite. On se rappelle des victoires dans les derniers instants contre Toulouse (3-2), Saint-Etienne (2-1) ou Nantes (3-2). Elles reflètent aussi l'état d'esprit insufflé par le coach à son groupe. Il pourrait découvrir la plus belle des compétitions européennes l'an prochain, "avec un budget de C3", a-t-il précisé à l'AFP. Incontestablement le futur des entraîneurs français !

Villas-Boas, au four et au Moulin

Le portugais "AVB" a fait renaître l'OM. Source : La Provence

Certains pensent qu'il mérite d'être champion des coachs. Pourquoi pas, mais établir un classement, c'est faire des choix ! André Villas-Boas a clairement servi de détonateur pour l'OM, en ramenant un vent d'optimisme mais aussi d'ambition cet été. Dès sa première apparition, le "Special Two" n'a pas caché son objectif : finir sur le podium, alors même que ses dirigeants ne lui en avaient pas parlé ! Avec un groupe restreint, il a accumulé les points, week-ends après week-ends, pour mener l'OM à la place de dauphin. En revanche, le contenu n'a pas toujours été extraordinaire, plus on avançait dans la saison... Et puis sur l'effectif limité, une remarque : n'est-ce pas plus facile de gérer un groupe de joueurs peu nombreux, lorsque l'on ne joue pas de compétitions européennes ? "AVB" sera-t-il encore là l'an prochain : le départ du directeur sportif Andoni Zubizarreta sème le doute...

À égalité avec le technicien portugais, on trouve, dans notre classement, le coach angevin Stéphane Moulin. Au coeur d'un trio magique, qui tient le SCO debout depuis sa remontée dans l'élite, avec Saïd Chabane et Olivier Pickeu, "SM" est en confiance. Il arrive toujours, malgré les renouvellements successifs, à construire (rapidement) une équipe compétitive. On ajoutera que l'entraîneur cherche, depuis deux/trois saisons maintenant, à produire du jeu, notamment au Stade Raymond Kopa. Voilà qui explique la 11ème place du club de Maine et Loire. Il assure qu'il sera encore là en août prochain, malgré les turbulences qu'a connu le club ces derniers mois (licenciement de O. Pickeu, mise en examen de S. Chabane). Il devrait donc débuter sa 10ème saison sur le banc du SCO, lui qui est toujours le coach avec le plus d'ancienneté en Europe, devant Diego Simeone (Atlético) !

Galtier et Dall'Oglio au pied du podium...

Le coach brestois, Olivier Dall'Oglio, a assuré le maintien des finistériens. Source : L'Equipe

Juste derrière le quatuor de tête, on retrouve deux entraîneurs que l'on connaît bien en Ligue 1 : Christophe Galtier (Lille) et Olivier Dall'Oglio (Brest). Le premier cité, après avoir connu quelques difficultés pendant la première partie de saison, a redressé la barre, jusqu'à échouer à un petit point du podium (Rennes). Le LOSC, avec un effectif amputé de Nicolas Pépé et Thiago Mendes, a en effet eu du mal à gérer l'enchaînement de rencontres due à la phase de poules de Ligue des Champions. L'état d'esprit n'a pas toujours été bon, notamment de la part des Jonathan (Ikoné et Bamba) que Christophe Galtier a régulièrement "punis". Puis il y a eu un tournant : un soir de janvier, Lille se déplace sur la pelouse d'Épinal en 1/8ème de finale de Coupe de France, et s'incline 2-1. À partir de ce jour-là, les dogues ont toujours été convaincants dans le jeu, et ont entamé leur remontée au classement. Le tacticien français a donc su rectifier le tir, et confirmer qu'il est l'un des tous meilleurs d'Europe !

Olivier Dall'Oglio, arrivé cet été à Brest après le départ de Jean-Marc Furlan, a (facilement) atteint l'objectif fixé, à savoir le maintien (14ème place, avec 11 points d'avance sur Amiens). Limogé de Dijon, "son" club, en janvier 2019, il a donc su rebondir. Toujours avec les mêmes intentions offensives quelque doit l'adversaire -c'est aussi pour cela qu'il a été choisi pour prendre la suite logique de J-M. Furlan-, il a fait passer le cap à des joueurs peu (ou pas) expérimentés en Ligue 1. On citera Romain Perrault, Irvin Cardona, Jean-Charles Castelletto, Gautier Larsonneur ou encore Samuel Grandsir. Il a aussi bénéficié d'un groupe bien construit, autour de garçons expérimentés comme Yoann Court ou Paul Lasne. "ODO' s'installe dans le paysage, comme un entraîneur qui réussit, avec la manière !

Changer d'entraîneur, stratégie... perdante !

Ghislain Printant (ASSE) et Sylvinho (OL) ont été limogés en cours de saison : pour quels résultats ? Source : WeSportFR

Cela fait plusieurs saisons maintenant que nous soutenons que changer de coach en cours de championnat n'a pas de réel impact positif, et que nous militons pour laisser du temps aux techniciens. Mais si notre voix comptait dans le football, on le saurait... Cette année encore, on a donc assisté à plusieurs remplacements : mais pour quels résultats ? Commençons par l'ASSE, qui a limogé Ghislain Printant, au soir de la 8ème journée, alors que les verts figuraient certes à la 19ème place, mais avec seulement un point de retard sur le 11ème ! Si l'apport de Claude Puel, son remplaçant, est annoncé la saison prochaine, on ne peut pour l'instant pas dire qu'il a fait beaucoup mieux : une 17ème place finale et 30 petits points, soit un ratio de points (environ 1 par match) quasi-identique à celui de G. Printant (il en avait 8 après 8 journées). Chez le voisin lyonnais, après une défaite (de trop) dans le derby, c'est le brésilien Sylvinho qui a été remercié. L'OL, il est vrai, n'affichait que 9 points après... 9 journées, et devait réagir pour atteindre l'objectif de qualification en C1. Rudi Garcia, qui a convaincu le board rhodanien, a pris plus de points que son prédécesseur (1,6 par match), mais pas assez pour se hisser ne serait-ce qu'en Europa League ! On peut imaginer qu'au rythme "brésilien", les gones auraient flirté avec la relégation. Peut-être, mais peut-on aussi se dire qu'ils se seraient repris, et que ça n'aurait pas été pire ? Enfin, focus sur l'AS Monaco, qui a congédié son coach Leonardo Jardim lors de la trêve hivernale, préférant placer l'espagnol Robert Moreno. Au-delà de la pauvreté dans le jeu, commune aux deux entraîneurs (cette saison en tous cas), c'est bien le portugais qui a le meilleur ratio : 1,55 contre 1,2 pour son remplaçant. D'autant que, si C. Puel et R. Garcia finissent respectivement 7 et 10 places au-dessus de leurs prédécesseurs, R. Moreno termine lui 4 places en-dessous (!) de L. Jardim... Changer d'entraîneur, une stratégie perdante !

Toulouse : à l'image du club

Le troisième et dernier entraîneur du TFC cette saison n'a pas fait mieux que les deux premiers... Source : YouTube

En parlant de changements d'entraîneurs ! Toulouse en a expérimenté trois cette saison, pour des résultats toujours plus catastrophiques... Ils figurent même tous parmi les cinq dernières places ! Alain Casanova a débuté, certes sans grand spectacle mais avec des résultats convenables : il récoltait en moyenne 1 point par match, pour 22% de victoires en 9 rencontres. Mais lorsqu'il a reçu des menaces de mort, cela faisait beaucoup pour un homme... Le TFC s'est donc séparé de son coach, et a nommé Antoine Kombouaré, couronné de succès ces dernières années (!), ce qui explique sûrement cette brillante idée. Le kanak a remporté son premier match (contre Lille, 2-1), puis le vide : 0,3 point de moyenne, 10% de victoires. Neuf défaites plus loin, nouveau remplacement, en début d'année 2020 : arrivée de Denis Zanko, déjà directeur du centre de formation. Si on a pu observer quelques (timides) progrès dans le jeu (à Marseille ou contre Nice), les violets ont continué à s'enfoncer : 0,16 point par rencontre, et zéro succès ! La conclusion est simple à tirer : le problème n'est pas l'entraîneur, mais le club dans sa globalité. En Ligue 2, il faudra à nouveau faire un choix sur le banc, et essayer de s'y tenir. On laisserait bien sa chance à Denis Zanko, pour sa connaissance de l'équipe. Mais rien n'est moins sûr...

Cette saison a donc permis d'observer certaines tendances sur nos bancs : une stabilité payante, le salaire et la notoriété ne riment pas avec résultats (cf. notre article sur les salaires), le jeu paie souvent... Rendez-vous l'année prochaine pour un nouveau suivi des entraîneurs de l'élite française et notre classement.

Le classement complet est disponible sur la page suivante : Coachs Ligue 1.

Le détail des notes, match par match : Notes coachs Ligue 1.

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