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Ligue 1 - Entraîneurs : une politique salariale inédite...

Publié le par Thomas

Sources : L'hebdoduvendredi.com • Eurosport.fr • Ouest-France.fr • Angers.maville.com • L’équipe.fr

Sources : L'hebdoduvendredi.com • Eurosport.fr • Ouest-France.fr • Angers.maville.com • L’équipe.fr

Le 7 février dernier, le journal L’équipe dévoilait les salaires de la Ligue 1 dans un numéro spécial. Si beaucoup ont sorti quelques chiffres exorbitants, à l’instar des rémunérations de Neymar ou de Mbappé. Mais peu ont abordé les salaires accordés aux entraîneurs de l’élite française. Il y a pourtant beaucoup à dire…

Une hiérarchie renversée

Première constatation, qui semble évidente : une pyramide des salaires inimaginable dans une entreprise classique. Normalement, le supérieur hiérarchique gagne plus que son salarié. C’est une sorte de facteur qui garantit, en partie, le fonctionnement d’une organisation, et l’autorité du dirigeant. En étudiant simplement et rapidement les grilles salariales de nos clubs, on constate que seuls deux d’entre eux paient plus leur coach que leur meilleur joueur : les Girondins de Bordeaux, où Paulo Sousa a des émoluments supérieurs à Laurent Koscielny, et le Stade Brestois, où Olivier Dall’Oglio est mieux rémunéré que Paul Lasne. Dans la majorité des équipes, soit 12 sur 20, le salaire du technicien est situé entre celui du « top player » et la moyenne de l’effectif. Cependant, les écarts sont souvent abyssaux. A Rennes, Julien Stéphan touche 110 000 € par mois, quand Steven Nzonzi émarge à… 400 000 € ! L’effectif breton touche en moyenne 90 000 €. Sachant que la moyenne englobe tous les joueurs professionnels, même les plus jeunes beaucoup moins payés*, ce chiffre est moins significatif. L’exemple ultime est, bien entendu, le PSG : comment Thomas Tuchel, qui n’est pas un « grand entraîneur », qui n’a pas l’aura d’un ancien top joueur, peut-il exercer une quelconque pression sur un joueur payé quasiment 5 fois plus que lui ? (en l’occurrence Neymar**)

*Selon le journal L’équipe, la moitié des acteurs de la Ligue 1 sont payés moins de 35 000 € par mois (salaire médian).

**Retrouvez tous les comparatifs, club par club, dans notre animation en bas de page.

Des coachs sous-payés chez les « petits » ?

Autre constat marquant : les salaires des entraîneurs dans les clubs modestes, qui luttent pour le maintien. Ainsi, Stéphane Jobard (Dijon), Luka Elsner (Amiens), Denis Zanko (Toulouse), Vincent Hognon (Metz) et Bernard Blaquart (Nîmes) ne gagnent pas plus de 30 000 € par mois ! Au-delà du montant, c’est la comparaison avec le salaire moyen des joueurs qui interroge : les cinq cités sont moins rémunérés que l’effectif en général. Et les écarts sont parfois stratosphériques : à Toulouse, les coéquipiers de Max-Alain Gradel sont deux fois plus payés que leur entraîneur ! (59 000 € de moyenne contre 30 000 €) Vient alors une réflexion plus profonde : est-ce que les coachs sont « sous-payés » ou, plus probablement, des joueurs moyens sont « sur-payés » ? En effet, quatre des cinq techniciens concernés vivent leur première saison dans l’élite, et Bernard Blaquart n’en est qu’à sa seconde année en Ligue 1 avec les gardois. Il semble plutôt logique que ceux-ci soient moins rémunérés que leurs homologues installés au haut-niveau depuis plus longtemps. En revanche, en jetant un coup d’œil aux effectifs de ces clubs, on est en droit de se demander d’où vient leur masse salariale ! Wesley Saïd à 120 000 €, Didier Ndong à 80 000 €, Anthony Briançon à 80 000 € ?... Politique à retravailler.

Salaire ne rime pas (toujours) avec performance…

Si les plus méritants étaient systématiquement les mieux récompensés, cela se saurait ! Il y a toujours des exceptions, qui font parfois bondir de son siège… Lorsque l’on compare le classement des salaires et notre classement des coachs 105x68, on y voit plus clair. Si Thomas Tuchel (PSG) et André Villas-Boas (OM) sont à leur place (respectivement 1er et 2nd), on constate que trois des dix plus gros salaires ne sont pas dans la première partie de tableau du classement 105x68. Il s’agit de Robert Moreno (Monaco), Patrick Vieira (Nice) et Claude Puel (ASSE). A l’inverse, les techniciens moins payés sont bien présents dans notre première partie de tableau. Il y en cinq : parmi eux, Thierry Laurey (Strasbourg), Olivier Dall’Oglio (Brest) ou encore Stéphane Moulin (Angers), actuellement sur le podium 105x68 ! Après avoir évacué le sujet des entraîneurs étrangers, mieux rémunérés à performance égale voire inférieure que leurs confrères français, terminons sur quelques exemples éloquents. Julien Stéphan, actuel 4ème dans notre classement, et qui est en passe de qualifier Rennes pour la Ligue des Champions, après avoir remporté la Coupe de France en mai dernier, est quasiment trois fois moins bien payé que… Paulo Sousa, qui patine en plein ventre mou avec les Girondins de Bordeaux ! (110 000 € contre 280 000 €) Patrick Vieira, qui n’a aucune expérience d’entraîneur en Europe, est trois fois et demi plus rétribué que Michel Der Zakarian, qui stabilise Montpellier dans le Top 10 et a connu de multiples clubs en France, ou que Thierry Laurey, qui a réussi au Gazélec Ajaccio et surtout du côté de la Meinau ! (220 000 € contre 60 000 €)

Des chiffres, exorbitants bien sûr, qui feront toujours parler. Et les rémunérations des entraîneurs, souvent peu scrutées, sont aussi très intéressantes à étudier !

Retrouvez notre animation, comparatif club par club, ci-dessous. (Tous les chiffres sont tirés du journal L’équipe).

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