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International - Corinne Diacre, une image qui passe mal...

Publié le par Thomas

Source : Libération.fr

Source : Libération.fr

Au lendemain de la qualification douloureuse, en prolongations face au Brésil (2-1), de l'Equipe de France pour les quarts de finale de la Coupe du Monde, l'un des débats principaux qui anime plateaux de télévision et discussions aux bars du coin tourne autour de la sélectionneure, Corinne Diacre. On lui reproche (pour certains) son manque de compétences tactiques, mais aussi et surtout l'image froide qu'elle renvoie sur le banc ou en conférence de presse... Analyse de la situation.

Une technicienne reconnue

Après des débuts à l'ASJ Soyaux, elle devient en 2014 la première femme à entraîner une équipe masculine professionnelle en France : Clermont en Ligue 2. Si ses anciens joueurs s'amusent sur la rigueur et l'exigence de la natif de Croix, ils savent très bien ce qu'elle leur a apportés. En trois saisons à la tête du "CF63", elle replacera ce club sur la carte du football français, et passera tout proche d'un retentissant exploit en 2015, échouant à seulement sept unités de Metz pour la montée dans l'élite. Elle décrochera le prix UNFP de meilleur coach de deuxième division au terme de cet exercice. Suite à l'échec d'Olivier Echouafni en 2015 (élimination en quarts de finale face à l'Allemagne), la fédération confie le poste à "Coco" en vue du mondial à domicile de 2019. Durant ces trois dernières années, elle a énormément travaillé, a essayé divers schémas tactiques et organisations, et a donné leur chance à pas moins de 50 joueuses ! Ces dernières reconnaissent à l'unanimité leur progression sous les ordres de Diacre : les mieux placées pour le savoir, non ?

Le faux débat du "fond de jeu"

Si beaucoup ont critiqués le jeu trop minimaliste mis en place par Didier Deschamps l'été dernier en Russie (moi le premier), le faire de la même façon envers Corinne Diacre est quelque peu malhonnête ! Oui, les contenus de matchs depuis l'entame de cette compétition sont insuffisants, exceptée peut-être la première période face à la Corée, un adversaire faible... Mais les bleues ont souvent montré un visage conquérant et une qualité de jeu et de percussion de grande qualité durant les matchs de préparation de l'ère Diacre. Ce qui n'était (et n'est toujours pas) le cas de leurs homologues masculins. Le problème vient plutôt d'un manque de "relâchement" et d'une volonté de (trop) bien faire, qui rend les offensives stéréotypées et peu dangereuses. Laure Lepailleur, ancienne internationale et consultante pour RMCSPORT, souligne aussi que certaines individualités ne sont pas (encore) au niveau escompté, à l'instar de Kadidiatou Diany ou Gaëtane Thiney, qui pèsent normalement dans l'attaque tricolore. Enfin, pour ceux qui comparent avec les Etats-Unis, espérons qu'ils soient au courant de la préparation "commando" menée par les américaines durant de longs mois, ce qui est impossible en France, où les lyonnaises ont disputé la finale de Ligue des champions fin mai...

Un "délit de faciès" abusif

"Oui oui, mère fouettarde" ; "les joueuses ne prennent pas de plaisir" ; "elles sont enfermées dans leurs chambres" : les déclarations ironiques de la sélectionneure avant la rencontre face à la Norvège en disent long sur ce que l'on peut appelé du "bashing"... On lui reproche de ne pas assez sourire. On voudrait qu'elle s'enflamme plus. Sauf que tout cela n'est pas dans sa nature ! Elle a prévenu dès les premières secondes de cette compétition, elle veut la gagner ! Et tant qu'elle n'aura pas validé cet objectif, elle ne sera pas "excitée", mais restera droite dans ses bottes. On préfère les langues de bois qui n'assument pas leurs ambitions, comme "DD" l'an dernier qui s'est refusé de parler de victoire finale pour s'enlever de la pression ? Enfin, ceux qui pensent qu'elle ne fait pas une bonne publicité du football féminin ont bien raison ! Simplement parce-que ce n'est absolument pas son rôle, mais celui du service communication de la fédération et des médias, qui le font pour l'instant à merveille !

On verra ce qu'il adviendra de notre sélection nationale dans les prochains jours, mais il y a fort à craindre que les résultats ne changent pas les avis prononcés à l'égard de Corinne Diacre. Peut-on toutefois encore en être surpris, dans un pays où le bashing est devenu la passion préférée de bon nombre ? On l'a déjà fait avec Aimé Jacquet, Raymond Domenech ou plus récemment Bruno Génésio, Thierry Laurey et Vahid Halilhodzic...

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